Cadre réglementaire

Peptides et dopage : ce que dit la liste des interdictions de l'AMA 2026

BPC-157, TB-500, CJC-1295, GHRP, MOTS-c : section par section, les peptides que vise la liste en vigueur depuis le 1er janvier 2026, et le cadre français qui l'applique.

9 min de lecture · Primal Research Desk ·

Liste des interdictions AMA 2026 schématisée en trois sections, S0, S2 et S4.4, chacune avec les peptides qu'elle nomme

La liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA, WADA en anglais) est révisée chaque année. La version 2026, adoptée par le comité exécutif de l’AMA le 11 septembre 2025, est en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Elle s’applique à tous les sportifs relevant du Code mondial antidopage, en compétition comme hors compétition.

Ce guide décrit les sections qui concernent les peptides et les met en regard des références de notre catalogue. Les matériaux que nous proposons sont destinés exclusivement à la recherche in-vitro en laboratoire. Ils ne sont pas destinés aux sportifs, ni à aucune administration à l’être humain.

Comment la liste est organisée

La liste distingue les substances interdites en permanence (sections S0 à S5) de celles interdites en compétition seulement (S6 à S9). Les peptides relèvent presque tous de la première catégorie : ils sont interdits à tout moment, y compris pendant l’entraînement.

Trois sections les concernent directement :

SectionIntituléCe qu’elle vise
S0Substances non approuvéesToute substance pharmacologique sans autorisation pour l’usage thérapeutique humain
S2Hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiquesGH, ses fragments, ses facteurs de libération, facteurs de croissance, peptides de l’axe gonadotrope
S4.4Modulateurs métaboliquesActivateurs de l’AMPK, insulines et mimétiques

Les listes d’exemples sont toutes précédées de la mention « y compris, sans s’y limiter » : une substance absente des exemples peut parfaitement être interdite.

S0 : la clause des substances non approuvées

La section S0 interdit en permanence toute substance pharmacologique qui n’est traitée par aucune autre section et qui n’a aucune autorisation actuelle d’une autorité de santé pour l’usage thérapeutique humain. Elle vise explicitement les médicaments en développement préclinique ou clinique, les médicaments abandonnés et les substances réservées à l’usage vétérinaire.

Le texte 2026 cite le BPC-157 en tête de ses exemples. C’est l’un des rares peptides nommés dans cette section.

Par construction, la clause S0 couvre aussi la plupart des peptides de recherche qui ne sont nommés nulle part ailleurs, dès lors qu’ils n’ont d’autorisation dans aucun pays. Une substance autorisée quelque part dans le monde, même hors d’Europe, ne relève pas de S0 — mais peut relever d’une autre section.

S2 : les hormones peptidiques et facteurs de croissance

C’est la section la plus fournie pour les peptides. Toutes ses substances sont non spécifiées, ce qui expose à des sanctions plus lourdes.

S2.2.1 — Peptides stimulant la testostérone, chez l’homme

La liste nomme la gonadotrophine chorionique, la LH, la GnRH (gonadoréline) et ses analogues agonistes, ainsi que la kisspeptine et ses analogues agonistes. Ces substances sont interdites chez les sportifs masculins. Voir les dossiers gonadoréline et kisspeptine.

S2.2.3 — Hormone de croissance, analogues et fragments

Outre la GH et ses analogues à longue durée d’action, la liste nomme les fragments de GH, avec pour exemples l’AOD-9604 et l’hGH 176-191. Voir le dossier AOD-9604.

S2.2.4 — Facteurs de libération de la GH

La liste en nomme trois familles :

  • la GHRH et ses analogues, avec pour exemples le CJC-1293, le CJC-1295, la sermoréline et la tésamoréline ;
  • les sécrétagogues de la GH et leurs mimétiques, dont l’ipamoréline, l’ibutamoren (MK-677), l’anamoréline et la ghréline ;
  • les GHRP, dont l’examoréline (hexaréline), le GHRP-2 (pralmoréline) et le GHRP-6.

La mention de la tésamoréline montre qu’une autorisation de mise sur le marché ne protège pas : un médicament autorisé reste interdit s’il figure dans une section. Voir le comparatif GHRH / GHRP.

S2.3 — Facteurs de croissance

La liste nomme l’IGF-1 et ses analogues, les facteurs de croissance mécaniques (MGF) et la thymosine β4 et ses dérivés, par exemple le TB-500. L’IGF-1 LR3 est un analogue de l’IGF-1. Voir les dossiers TB-500 et IGF-1 LR3.

S2.1.5 — Agonistes du récepteur de réparation innée

Cette sous-section, rattachée aux agents agissant sur l’érythropoïèse, nomme l’asialo-EPO et l’EPO carbamylée. L’ARA-290 est décrit dans la littérature comme un agoniste de ce même récepteur.

S4.4 : les modulateurs métaboliques

La section S4.4.1 nomme les activateurs de l’AMPK, dont l’AICAR et le MOTS-c, peptide d’origine mitochondriale. La section S4.4.2 vise les insulines et les mimétiques de l’insuline. Voir le dossier MOTS-c.

Correspondance avec les références du catalogue

RéférenceSectionMention dans la liste 2026
BPC-157S0Nommé en exemple
TB-500S2.3Nommé (dérivé de la thymosine β4)
CJC-1295, CJC-1295 DACS2.2.4Nommé
Sermoréline, TésamorélineS2.2.4Nommées
IpamorelinS2.2.4Nommé
GHRP-2, GHRP-6, HexarélineS2.2.4Nommés
Gonadoréline, KisspeptineS2.2.1Nommées, chez l’homme
AOD-9604S2.2.3Nommé
IGF-1 LR3S2.3Analogue de l’IGF-1, nommé comme classe
MOTS-cS4.4.1Nommé
Peptides sans autorisation nulle partS0Clause générale

Ce tableau est informatif. Le classement d’une substance relève de l’AMA et, en France, de l’AFLD. En cas de doute, c’est leur interprétation qui prévaut.

Le cadre français

En France, la lutte contre le dopage relève du Code du sport. L’article L.232-9 interdit au sportif de détenir ou d’utiliser, sans raison médicale dûment justifiée, une substance figurant sur la liste. L’article L.232-10 interdit à quiconque de prescrire, administrer, céder ou offrir ces substances à un sportif. La liste de l’AMA est rendue applicable en droit français par décret.

L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) organise les contrôles, instruit les dossiers et délivre les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques.

Responsabilité objective et AUT

Le Code mondial antidopage repose sur la responsabilité objective : la seule présence d’une substance interdite dans un échantillon constitue une violation, sans qu’il soit nécessaire de prouver l’intention. Une contamination, un complément alimentaire mal étiqueté ou un produit acheté sans en connaître la composition ne constituent pas une excuse automatique.

Un sportif dont l’état de santé exige un médicament figurant sur la liste peut demander une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). Elle ne s’applique qu’aux médicaments prescrits dans un cadre médical. Elle ne peut pas couvrir un matériau de recherche.

La détection

Les laboratoires accrédités par l’AMA détectent la plupart de ces peptides par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS/MS), dans l’urine ou le sang. Les GHRP et leurs métabolites, ainsi que plusieurs analogues de la GHRH, font l’objet de méthodes publiées depuis les années 2010. Les échantillons peuvent être conservés et réanalysés pendant dix ans.

Questions fréquentes

Le BPC-157 est-il interdit par l’AMA ?

Oui. Il est cité en exemple dans la section S0 des substances non approuvées, interdites en permanence.

Le TB-500 est-il interdit ?

Oui. La section S2.3 vise la thymosine β4 et ses dérivés, en citant le TB-500.

Le CJC-1295 et l’ipamorelin sont-ils interdits ?

Oui. Tous deux sont nommés dans la section S2.2.4, parmi les facteurs de libération de l’hormone de croissance.

Un peptide absent de la liste est-il autorisé ?

Pas nécessairement. Les listes d’exemples ne sont pas exhaustives, et la clause S0 interdit toute substance sans autorisation thérapeutique, qu’elle soit nommée ou non.

Les peptides de ce site peuvent-ils être utilisés par des sportifs ?

Non. Ce sont des matériaux de référence pour la recherche in-vitro. Ils ne sont destinés à aucune administration à l’être humain.

À lire aussi : Cadre légal : pharmacie, ordonnance et matériaux de recherche · Choisir un fournisseur de peptides en France

Références

  • Agence mondiale antidopage. Liste des interdictions 2026, en vigueur au 1er janvier 2026. wada-ama.org
  • Agence française de lutte contre le dopage. afld.fr