Comparatif

Peptides de cuivre et peptides cosmétiques : GHK-Cu, AHK-Cu et Snap-8 comparés

Deux « copper peptides » qui transportent un ion cuivre, et un octapeptide qui n'en contient pas : ce qui les rapproche, ce qui les sépare.

8 min de lecture · Primal Research Desk ·

Ion cuivre au centre de deux tripeptides, GHK et AHK, face à la chaîne de huit acides aminés du Snap-8

Le terme « copper peptide » — peptide de cuivre — s’est imposé dans la cosmétique et la recherche dermatologique. Il désigne au sens strict un petit peptide capable de fixer un ion cuivre(II) et de former avec lui un complexe stable. Dans les catalogues, il voisine souvent avec d’autres peptides à visée cutanée qui n’ont, eux, rien à voir avec le cuivre.

Ce comparatif met en regard deux véritables peptides de cuivre, le GHK-Cu et l’AHK-Cu, et un peptide cosmétique de structure différente, le Snap-8. Il ne contient aucune information d’usage.

En bref

CritèreGHK-CuAHK-CuSnap-8
NatureComplexe tripeptide–cuivre(II)Complexe tripeptide–cuivre(II)Octapeptide acétylé, sans cuivre
SéquenceGly-His-Lys + Cu²⁺Ala-His-Lys + Cu²⁺Ac-Glu-Glu-Met-Gln-Arg-Arg-Ala-Asp-NH₂
Numéro CAS89030-95-5 (complexe)682809-81-0868844-74-0
FormuleC₁₄H₂₃CuN₆O₄C₁₅H₂₄ClCuN₆O₄ (chlorhydrate)C₄₁H₇₀N₁₆O₁₆S
Masse moléculaire402,92 g/mol451,39 g/mol1075,2 g/mol
Axe de rechercheMatrice extracellulaire, cicatrisationFollicule pileux, papille dermiqueRides d’expression, complexe SNARE

Identifiants et masses : PubChem — GHK-Cu, GHK seul, AHK-Cu, Snap-8. Le tripeptide GHK sans cuivre porte un numéro distinct, 49557-75-7 ; c’est le complexe cuivré qui porte le 89030-95-5.

Ce que veut dire « peptide de cuivre »

Le GHK et l’AHK partagent une architecture : trois acides aminés, dont une histidine centrale, qui forment avec l’ion cuivre(II) un complexe de géométrie définie. Ils ne diffèrent que par leur premier acide aminé — glycine pour l’un, alanine pour l’autre.

Ce détail suffit à orienter des recherches différentes. Le cuivre lui-même est un cofacteur d’enzymes impliquées dans la structure des tissus, comme la lysyl oxydase, qui participe à la réticulation du collagène et de l’élastine : un peptide capable de le transporter et de le céder a donc suscité un intérêt particulier en biologie cutanée.

GHK-Cu : le peptide de cuivre de référence

Le GHK a été isolé dans le plasma humain au début des années 1970, où il a été identifié comme un facteur favorisant la croissance cellulaire. Sa forme cuivrée est devenue le peptide de cuivre le plus étudié et le plus utilisé en cosmétique, sous la dénomination INCI copper tripeptide-1.

Les travaux in-vitro portent sur la synthèse de collagène et de glycosaminoglycanes par les fibroblastes et sur le remodelage de la matrice extracellulaire. Notre dossier GHK-Cu détaille ces données et leurs limites.

AHK-Cu : l’orientation folliculaire

L’AHK-Cu a été étudié principalement sur les cellules de la papille dermique, qui régulent la croissance du follicule pileux. Des travaux in-vitro ont décrit une stimulation de leur prolifération et une réduction de leur apoptose. Sa littérature est nettement moins abondante que celle du GHK-Cu. Voir notre dossier AHK-Cu.

Snap-8 : un tout autre mécanisme

Le Snap-8 — dénomination INCI acétyl octapeptide-3 — ne contient pas de cuivre. C’est un prolongement de l’Argireline (acétyl hexapeptide-3), auquel il ajoute deux acides aminés, alanine et aspartate.

Sa séquence imite l’extrémité de la protéine SNAP-25, un composant du complexe SNARE qui permet la libération des neurotransmetteurs à la jonction neuromusculaire. L’hypothèse étudiée est une interférence avec l’assemblage de ce complexe, et donc une moindre contraction des muscles responsables des rides d’expression. Il relève d’une logique « neuromodulatrice », sans rapport avec le transport du cuivre.

Ce que les données n’établissent pas

La littérature de ces trois peptides est dominée par des travaux in-vitro et par des études à visée cosmétique, souvent conduites ou financées par des fabricants d’ingrédients. Le passage d’un effet sur cellules isolées à un effet sur un tissu entier suppose en outre que la molécule atteigne sa cible, ce qui dépend de la formulation et de la pénétration — paramètres que les études in-vitro n’éprouvent pas.

Mélanges

Le GHK-Cu entre dans la composition des mélanges de recherche GLOW (GHK-Cu, BPC-157, TB-500) et KLOW (KPV, GHK-Cu, BPC-157, TB-500). L’ensemble des références de cet axe est regroupé sur la page peau & beauté.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un copper peptide ?

Un petit peptide capable de fixer un ion cuivre(II) et de former avec lui un complexe stable. Le GHK-Cu et l’AHK-Cu en sont les deux exemples les plus étudiés.

Quelle différence entre GHK-Cu et AHK-Cu ?

Un seul acide aminé : glycine pour le GHK, alanine pour l’AHK. Le GHK-Cu est étudié surtout sur la matrice extracellulaire, l’AHK-Cu sur le follicule pileux.

Le Snap-8 est-il un peptide de cuivre ?

Non. Le Snap-8 est un octapeptide acétylé, sans cuivre, dont la séquence imite une partie de la protéine SNAP-25. Il est étudié pour son interférence avec le complexe SNARE.

Pourquoi le GHK et le GHK-Cu ont-ils deux numéros CAS ?

Parce qu’il s’agit de deux entités chimiques : le tripeptide seul (49557-75-7) et son complexe avec le cuivre (89030-95-5).